Lexique

Fractionnement

Le fractionnement est un aménagement contractuel qui permet à l’assuré de régler sa prime d’assurance en plusieurs versements (trimestriels, semestriels ou mensuels) au lieu d’un paiement unique en début d’année. Ce n’est pas un droit légal : l’assureur l’accorde ou le refuse librement, et peut y associer des frais supplémentaires.

Comment fonctionne le paiement fractionné ?

Une prime d’assurance est, par principe, annuelle et payable d’avance. Lorsque le contrat prévoit le fractionnement, l’assureur divise le montant annuel en fractions et fixe une échéance pour chacune. La cotisation totale réglée sur l’année dépasse souvent la prime annuelle de base : les compagnies appliquent des frais de fractionnement pour couvrir le risque de non-paiement et les coûts de gestion. Ces frais varient selon les contrats et ne sont pas encadrés par un plafond légal.

Prenons un contrat de multirisque professionnelle avec une prime annuelle de 1 200 €. Fractionnée en douze mensualités, la cotisation totale peut atteindre 1 290 € si l’assureur applique des frais. La différence représente le coût réel du paiement mensuel, que l’assuré a intérêt à comparer avant la souscription.

Fractionnement et défaut de paiement

Chaque fraction constitue une échéance à part entière. En cas de non-paiement d’une fraction, l’assureur envoie une mise en demeure. Selon l’article L113-3 du Code des assurances, la garantie est suspendue 30 jours après cette mise en demeure, puis l’assureur peut résilier le contrat 10 jours après l’expiration de ce délai de 30 jours.

Un sinistre survenu pendant la période de suspension ne donne droit à aucune indemnisation, même si la fraction impayée est réglée dans les jours suivants. Ce point est souvent sous-estimé : un professionnel dont le contrat auto de mission ou la RC Pro est suspendu pour un retard de quelques jours se retrouve sans couverture face à un tiers ou à un client.

Si l’assuré règle les sommes dues avant la résiliation, l’assureur est tenu de remettre le contrat en vigueur. En revanche, l’assureur peut exiger le paiement des fractions restantes en une seule fois après un incident de paiement, selon les conditions générales du contrat.

Fractionnement ou divisibilité de la prime ?

Ces deux notions ne doivent pas être confondues. La divisibilité concerne la restitution d’une fraction de prime en cas de résiliation en cours d’année : si le contrat est résilié avant son terme, l’assureur rembourse généralement la portion de prime correspondant à la période non couverte, sauf clause contraire. Le fractionnement, lui, porte uniquement sur le mode de paiement de la prime due.

En cas de résiliation à l’échéance (article L113-12 du Code des assurances), l’assuré doit notifier sa décision avec un préavis de 2 mois. Si des fractions restent dues à la date d’effet de la résiliation, leur règlement reste exigible pour la période déjà couverte.

Ce que le fractionnement change pour un professionnel

Pour une TPE ou un indépendant, le fractionnement peut faciliter la trésorerie, notamment en début d’activité ou lors d’une montée en charge. Toutefois, plusieurs points méritent attention avant d’opter pour ce mode de paiement.

Premièrement, comparez le coût total fractionné au montant annuel : les frais appliqués par certaines compagnies peuvent représenter plusieurs pourcents de la prime, ce qui modifie le calcul de votre budget assurance. Deuxièmement, vérifiez si le contrat prévoit une clause d’exigibilité immédiate des fractions restantes en cas d’incident, car cela peut créer un effet de surprise sur la trésorerie. Troisièmement, un défaut de paiement d’une seule fraction expose à une suspension de garantie avec les conséquences juridiques et financières que cela implique, notamment si un sinistre survient pendant cette période.

Le fractionnement est permis sur la plupart des contrats professionnels (multirisque, responsabilité, automobile, prévoyance), mais les modalités varient d’un assureur à l’autre. Demander un devis en précisant la fréquence de paiement souhaitée permet de comparer le coût réel, pas seulement la prime de base.

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