Lexique

Garantie de parfait achèvement

La garantie de parfait achèvement est une obligation légale qui contraint l’entreprise de construction à réparer tous les désordres signalés par le maître d’ouvrage dans l’année qui suit la réception des travaux, qu’ils aient été notés dans le procès-verbal de réception ou déclarés par lettre recommandée pendant ce délai d’un an.

Fonctionnement de la garantie de parfait achèvement

La garantie prend effet à la date de réception de l’ouvrage, acte par lequel le maître d’ouvrage accepte les travaux réalisés. Deux situations déclenchent l’obligation de réparer : les réserves émises lors de la réception (malfaçons constatées sur le moment), et les défauts signalés par écrit dans les douze mois suivants.

Le constructeur dispose d’un délai fixé d’un commun accord avec le maître d’ouvrage pour exécuter les réparations. En l’absence d’accord, le maître d’ouvrage peut, après mise en demeure restée sans effet, faire réaliser les travaux aux frais du constructeur par voie judiciaire. La garantie de parfait achèvement couvre aussi bien les défauts de conformité (une cloison mal positionnée) que les malfaçons affectant le fonctionnement d’un équipement (une fenêtre qui ne ferme plus correctement).

Elle ne couvre pas les dommages résultant d’une usure normale, ni ceux causés par le maître d’ouvrage lui-même après réception.

Différences avec la garantie biennale et la garantie décennale

Les trois garanties légales de construction s’articulent selon la durée et la nature des désordres.

La garantie de parfait achèvement dure un an et couvre tous types de défauts, même esthétiques (peinture écaillée, carrelage fissuré), du moment qu’ils sont signalés dans le délai.

La garantie biennale, dite garantie de bon fonctionnement, couvre pendant deux ans les éléments d’équipement dissociables de l’ouvrage : un volet roulant, une chaudière, un système de ventilation. Elle prend le relais de la garantie de parfait achèvement pour ces équipements.

La garantie décennale couvre pendant dix ans les désordres qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination : affaissement de fondations, infiltrations par la toiture ou défaut d’étanchéité d’une terrasse. Contrairement à la garantie de parfait achèvement, la responsabilité civile décennale engage le constructeur même si le désordre n’a pas été signalé lors de la réception. L’assurance décennale, souscrite avant l’ouverture du chantier, garantit ces dommages pour toute la durée de la responsabilité, y compris après résiliation du contrat conformément à l’article L241-1 du Code des assurances.

Cas concrets et lien avec l’assurance décennale

Prenons un cas illustratif : un constructeur livre un logement neuf en janvier. En septembre de la même année, l’acquéreur constate que des joints de carrelage se décollent dans la salle de bains. Ce désordre, signalé par lettre dans le délai d’un an, relève de la garantie de parfait achèvement. Le constructeur doit le réparer à ses frais sans que l’acquéreur ait à prouver une faute.

Si le même défaut d’étanchéité avait provoqué une infiltration compromettant la solidité d’un mur porteur, la garantie décennale aurait pris le relais, avec un délai de dix ans à compter de la réception.

Pour un professionnel du bâtiment, la garantie de parfait achèvement n’est pas couverte par l’assurance décennale : elle relève de votre responsabilité contractuelle directe. L’assurance décennale prend en charge les sinistres décennaux, tandis que la RC professionnelle peut couvrir certains dommages causés à des tiers en cours de chantier. Un contrat dommages-ouvrage, souscrit par le maître d’ouvrage, permet quant à lui d’obtenir une indemnisation rapide sans attendre la mise en jeu de la responsabilité du constructeur concerné. Vérifiez avec votre courtier que vos garanties couvrent bien chaque étape, de l’ouverture du chantier à l’expiration du délai décennal.

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